Après quasiment 3 ans d’absences, Nekfeu revient sur le devant le la scène avec un nouvel album « Les Etoiles Vagabondes« . Le Fennec, qui a surpris tout le monde avec l’arrivée « surprise » de ce nouvel album, a plus d’un tour dans son sac : la sortie de la deuxième partie de l’album, « Expansion« . Au total, l’album sorti le 6 juin 2019 (étendu le 21 juin), compte 34 pistes et chacune est la suite de l’autre, comme le sont les scènes successives d’un film. Mais tout d’abord d’où vient son titre si mystérieux ? En cherchant un peu on peut trouver une signifiante similitude entre le titre de l’album et celui du roman de Jack London : « Le Vagabond des étoiles« . Coïncidence me direz-vous ? Ce même Jack est l’auteur du livre « Martin Eden« , également premier titre de l’album « Feu » de celui qui se prénomme réellement Ken Samaras.

I. Un album engagé

La cause première dénoncée par « Nek » est le racisme qui s’inscrit au côté de son thème de prédilection : les discriminations. En effet, il commence « tout en douceur » par une phrase dans le premier son de l’album « En bas, de moins en moins d’résistance et les racistes dansent » ou encore avec celle dans « Le bruit qui court » : « Ils élimineraient les minorités pour du minerai « . Mais Ken ne s’arrête pas là et va jusqu’à dénoncer le comportement raciste des policiers et des politiques, surtout envers les « noirs » et les « arabes » comme il les nomes dans le premier titre de l’album : «  Un p’tit Arabe qui fait des bêtises, c’est un voyou pour la France Un p’tit Noir, c’est pareil mais, quand c’est un p’tit Blanc, c’est juste « un chenapan » « . Mais il montre également que personne n’est épargné par les discriminations : « Dans mon équipe, j’étais le seul qu’on essayait de cket-ra Et j’étais le seul que la police contrôlait pas ». En effet si Ken, seul blanc de son équipe, n’était pas contrôlé à l’instar de ses potes « arabes » et « noirs » c’est le seul que les autres enfants essayaient de racketter de par son origine ethnique le différenciant, à l’apparence, des autres membres de son équipe. Nekfeu pense que chacun doit être vu comme un individu à part entière et ne pas être considéré seulement par son origine ethnique ou sociale :  » J’déteste le rap de blancs, j’aime le rap où tu mets rien après « . Mais le Fennec ne s’arrête pas seulement au discrimination raciste ; il va également traiter des discriminations subies par les homosexuel(le)s :  » Si t’es homophobe, c’est qu’tu juges, force à mes LGBT « . Mais une autre qualité de Ken qui revient tout au long de l’album est l’empathie ; on prendra pour exemple le morceau « Ciel Noir » où il dit  » Écrire, c’est la première action d’un homme privé de liberté J’ai pour preuve les noms des prisonniers gravés sur les murs des geôles «  mais les prisonniers ne sont pas les seuls à bénéficier de cette empathie.

II. Takotsubo

Tout d’abord que signifie cet étrange mot : c’est un phénomène cardiaque, plus communément appelé “Cœur brisé”, comportant plusieurs symptômes graves allant des fortes douleurs thoraciques aux infarctus et myocardes. Il se manifeste suite à une forte montée de stress, pouvant endommager le cœur. On se rend compte très rapidement que le début de l’album est relativement négatif et cela a pour cause trois raisons principales :

La première est que Nek se sent plus seul que jamais comme il le décrit à la fin du premier son : « Tous les objets composants l’univers […] s’éloignent les uns des autres inexorablement comme nous » mais également aux relations toxiques entretenues par les artistes avec les labels voulant « gratter » son buzz (exemple de l’outro de l’appel téléphonique de « Takotsubo« .

La deuxième est son ex-copine à laquelle il n’arrête pas de penser et ce depuis longtemps car il en parlait déjà il y a plus de deux ans dans « Saturne » extrait de « Cyborg » où l’intro est reprise dans « Elle Pleut » : « D’où sors-tu ? Ta douceur tue » .

Enfin, la troisième du « Bad » éprouvé par Nekfeu est que au moment de commencer l’album, il se sent enfermer à Paris, piégé comme un rat dans Paname avec ses problèmes.

Les différents problèmes cumulés lui font prendre le risque du Takotsubo et il n’a donc pas d’autres choix que de partir.

III. Ολά Καλά

Les nombreux voyages qu’entreprend Ken lui permettent de s’ouvrir au monde, lui qui ne parlait que de Paname dans ses sons dit maintenant dans « Takotsubo » : « J’ai trop bougé pour m’approprier un tieks » (tieks étant l’abréviation de tie-kar, lui-même verlan du mot quartier).

Sa réappropriation de l’espoir passe par tois pays principaux dans son voyage : le Japon, les Etats-Unis et la Grèce.

-Japon : Ce pays est l’initiateur de la découverte et de l’ouverture du poète comme il le dis dans « Premier pas » : « Onze heures du matin dans Tokyo, je me perds seul c’est une autre énergie que je perçois Est-ce pour ça que j’aime tant cette ville ? Ou bien parce qu’ici je ne suis personne ? » et il se permet donc encore plus de référence à la culture locale dont une particulièrement locale dans « Menteur menteur » : « fumée sort de moi comme onsen«  (bains chaux que l’on ne retrouve qu’au Japon »

-Etats-Unis : Influence directe des rappeurs US avec l’exemple de la ressemblance entre l’intro et les voix saturées de « Koala mouillé » et de « Black skinhead » de Kanye West mais également une leçon de vie apprise en Nouvelle-Orléans que l’on retrouve dans « Premiers Pas« .

-Grèce : « Ολά Καλά » est un morceau de l’album qui s’inspire d’un style musical de l’île natale de son père ; le Rebetiko. Mais Ολά Καλά signifie Tout va bien et Nekfeu veut donc se concentrer sur la lumière, le positif et non les malheurs qu’il traverse : « Faut que j’arrête de me plaindre y’a tellement pire en ce bas monde » ou encore « Alors maintenant je m’accroche à la lumière »

IV. Conclusion

Cet album permet de nous transporter dans l’univers que Nekfeu a instauré à l’album et il nous propose donc de nous évader, d’oublier tous nos problèmes et pour cela nous guides dans l’obscurité telle une « Etoile Vagabonde ». L’album, malgré qu’aux premières écoutes soit très proche de « Cyborg« , réussi à se démarquer par certains éléments intéressants tels que la désinvolture de Nekfeu dans « Menteur menteur« , le lyrisme de « Le bruit qui court » ou encore la gestions des invités avec le flow très mélodique de Damso sur « Tricheurs » ou les back réalisés par Niska (qui excelle dans ce somaine) dans « Voyage léger » . Cet album est donc une réussite pour le retour du Fennec.

LA NOTE : 10/10

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